Maladie d’Alzheimer : première injection d’un nouveau radiopharmaceutique, le [18F]T-807

Les plaques amyloïdes (amas de peptide beta amyloïde) et les dégénérescences neurofibrillaires (protéine tau hyper-phosphorylée) constituent les lésions princeps de la maladie d’Alzheimer (MA).

Les nouveaux critères définissent les formes typiques amnésiques de la maladie. Parmi les formes dites « atypiques » les troubles visuo-spatiaux/visuoperceptifs progressifs (décrits sous la terminologie: syndrome de Benson) posent des difficultés de diagnostic et de prise en charge. Les dépôts amyloïdes ne diffèrent pas entre formes typiques et atypiques de la maladie d’Alzheimer (Beaufils, E. et al. Confirmation of the amyloidogenic process in posterior cortical atrophy: value of the Aβ42/Aβ40 ratio. J. Alzheimers Dis. JAD 33, 775–780 (2013).), se pose alors la question du rôle de la pathologie tau dans le mode d’expression de la maladie.

Des biomarqueurs de l’accumulation de protéine ßamyloïde (Aß), et de la dégénérescence neuronale existent, mais peu sont disponibles pour des lésions tau. L’imagerie moléculaire TEP utilisant des médicaments radiopharmaceutiques spécifiques permet de visualiser in vivo ces lésions.

L’hypothèse du projet de recherche TEPTAU est que la fixation et la distribution du traceur, le [18F]T807 (également nommé [18F]AV1451), serait différente selon la présentation clinique (amnésique versus visuo-perceptive/visuospatiale): temporale dans la forme typique amnésique de MA et occipito-pariétale dans la forme visuo-perceptive/visuospatiale.

La capacité à quantifier le niveau de lésion Tau permettrait une meilleure identification des formes atypiques de maladie d’Alzheimer, afin de leur proposer une prise en charge adaptée et un traitement spécifique adapté, et une meilleure compréhension des processus neuropathologiques dans ces formes atypiques de MA.

 

Ce projet intitulé « Imagerie de la protéine Tau dans les formes typiques et atypiques de la maladie d’Alzheimer (MA) à l’aide du [18F]T807 », dont le CHRU de Tours est promoteur est coordonné par le Pr Santiago-Ribeiro, chef de service de Médecine Nucléaire in Vivo.

 

La première inclusion a eu lieu le 28 février dernier et la première injection du radiotraceur a eu lieu le 8 mars. Il s’agissait d’un participant témoin mais un premier patient est déjà pressenti.

L’ensemble des équipes impliquées, l’Unité Université-INSERM U930, le CERRP assurant la radiosynthèse du traceur, ainsi que le CIC et le CIC-IT étaient mobilisés et ont pu constater la réussite de cette première TEP avec le [18F]T807. Tout s’est bien déroulé.

C’est un début très encourageant pour cette étude innovante.

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